Le 15 septembre 1853, Monseigneur Joseph-David Déziel assista à l’ouverture de l’œuvre qu’il fonda, une école prodiguant un cours commercial, industriel et agricole, avec l’effectif de 6 professeurs, tous de la communauté des Frères des Écoles Chrétiennes et 105 élèves, dont 22 pensionnaires et 83 externes. L’an 2003 voit son œuvre bonifiée de 7 corps de bâtiment, de 2 niveaux d’instruction comptant plus d’un millier de personnes.
Au fil du temps, l’ajout de nouvelles sections du Collège, répondant aux besoins physiques, s’est toujours faite en harmonie avec le développement de la vie académique et parascolaire.
Le segment de la construction abritant les premiers locaux renferme à la fois les salles de classes, le dortoir, la cafétéria, la salle de jeux et les chambres des frères-enseignants. À cette époque, la vie étudiante se déroule tout autrement de celle d’aujourd’hui avec une particularité exceptionnelle : en 1855, la période des vacances débute le 24 juillet et se termine au début du mois de septembre. En 1860, après le départ des Frères des Écoles Chrétiennes, des prêtres du Séminaire de Québec forment le corps enseignant. En septembre 1864, un jeune de la paroisse de Lévis, du nom de Alphonse Desjardins, nouvellement inscrit au Collège, ignorait probablement que 36 ans plus tard, il deviendrait le fondateur de la plus grande coopérative québécoise.
Avec l’avènement du cours classique qui s’ajoutait au cours commercial, le premier édifice devenait trop exigu pour les besoins. La nouvelle corporation qui administrait le Collège crut qu’un bâtiment additionnel s’imposait. En 1876, un second édifice, relié au premier et plus haut que celui-ci, s’élèva vers l’est. Le dernier étage abritera la première chapelle. En 1879, la vie parascolaire se voit agrémentée par la création de l’Harmonie Sainte-Cécile, ancêtre de nos ensembles musicaux. Cette troupe de musiciens a animé de nombreux événements et souligné de nombreuses rencontres protocolaires. La même année, Lomer Gouin vint continuer ses études au Collège, ne se doutant sürement pas qu’il serait premier ministre du Québec de 1906 à 1920.
Septembre 1885 vit apparaître une nouvelle aile, celle située plus à l’est et qui abrite aujourd’hui le CRDI Chaudière-Appalache. Cette section accueillait les pensionnaires du cours classique, leur salle, leur étude et leur dortoir. Au deuxième et au troisième étage se trouvaient quelques chambres de prêtres.
Pour loger plus de quatre cents élèves et une trentaine de prêtres-enseignants et pour pallier à la rareté des locaux, en 1895, il est convenu de construire à l’ouest un bâtiment qui relierait le premier édifice à la nouvelle chapelle construite de 1891 à 1892 et ouverte au culte en 1900.


En 1948, le cours commercial prit fin au Collège. Cependant, il laissera des traces : d’abord par la fondation d’une caisse populaire étudiante autonome en 1944, puis par la naissance d’un cours technique en administration et coopération en 1972.
En 1952, en vue de souligner le centième anniversaire de la fondation de l’institution l’année suivante et pour répondre à de nouveaux besoins, le Collège se dota d’un auditorium. Cette salle de spectacle, la plus grande sur la Rive-Sud de Québec, donna au théâtre un nouvel essor. Paul Hébert et Denis Bernard, entre autres, monteront sur les planches au Collège et gagneront, par la suite, les rangs de l’élite théâtrale québecoise.
Depuis les premières années du Collège, les jeux et activités sportives se déroulaient à l’extérieur, dans la cour, autant à l’automne et au printemps (balle au mur, balle au camp, ballon, pas-de-géant ou tourniquet) qu’à l’hiver (patinage, glissoire). En 1975, un ajout notoire dans le paysage scolaire vit le jour : un centre d’éducation physique. Moderne et fonctionnel, il répond au nouvel engouement pour le sport chez les jeunes.
Mais la vie au Collège dépasse largement les édifices. D’autres faits majeurs doivent être relevés. En 1977, naissance de la Fondation Collège de Lévis à l’initiative des membres du personnel et des anciens élèves, pour venir en aide aux élèves issus de familles moins bien nanties. Arrivée des filles au Collège en trois phases distinctes : au collégial en 1968 ; en 4e et 5e secondaire en 1988 ; en 1re, 2e et 3e secondaire en 1990. Le pensionnat fermera ses portes à l’été de 1992. À travers aménagements et déménagements, le Collège reste jeune malgré ses 150 ans.
En commençant votre année scolaire au Collège de Lévis, comme tous vos prédécesseurs vous contribuez à construire votre propre histoire et à faire partie de celle du Collège.
Texte commémorant l’ouverture du Collège de Lévis, le 15 septembre 1853.
Collaboration : Luc Paquet, ptre